C’est ma deuxième lecture de Toilettes pour femmes. La première fois je l’ai lu il y a une trentaine d’années. Ce roman féministe m’avait tellement pris aux tripes que je décidé de le racheter lors de sa publication par les Éditions Robert Laffont dans la collection Pavillons Poche.
Je l’avais depuis quelques mois dans ma PAL. Pour dire vrai, j’avais un peu peur de lui. Je me souviens très bien à quel point il m’avait remuée. Le 8 mars dernier j’ai décidé de le relire, question de célébrer la Journée Internationnale des droits des Femmes à ma manière.
Sur mon exemplaire de 2024 il y a un autocollant écrit « Culte ! » Ce que je crois amplement mérité. Sur la 4e de couverture à part le résumé on peut lire aussi :
Référence de la littérature féministe depuis sa parution en 1977 et véritable best-seller avec 20 millions d’exemplaires vendus dans le monde, Toilettes pour femmes est un roman culte à redécouvrir (…)
Je suis entièrement d’accord car je suis encore plus bouleversée qu’à sa première lecture. Peut-être parce que je suis plus vieille ? Ou parce que j’ai pris davantage conscience de ma situation de femme ? Quoiqu’il en soit, je l’ai encore trouvé dur à lire ; dans le sens qu’il bouscule les émotions intensément.
Ce roman me rappelle encore aujourd’hui le cheminement fait par ces femmes pour sortir du giron papa-mari. En fait, comment elles ont dû se battre contre des idées préconçues pour arriver à devenir plus autonomes dans leurs actions et leurs choix. Il fut pour moi très confrontant. Une fois de plus.
Il ne faut surtout pas baisser les bras et dire que le combat pour les droits des femmes est terminé. C’est important de faire mémoire et de continuer. Les avancées sont peut-être moins spectaculaires aujourd’hui que dans les années 1950-60-70, mais toujours présentes. Et nécessaires.
Pour comprendre d’où nous sommes parties, je ne peux que recommander cette lecture. Et pas seulement aux femmes…
Un mot sur l’autrice. Marilyn French est née en 1929 à New York dans une famille d’origine polonaise. Titulaire d’un doctorat de l’université de Harvard, autrice de best-seller de fiction et de non-fiction, son roman Toilettes pour femmes s’est vendu à plus de 20 millions d’exemplaires dans le monde et est considéré comme une référence de la littérature féministe. Elle est décédée en 2009.
Quelques extraits issus de ma relecture :
Alors, disait-elle, je suis allée acheter tous les magazines féminins, et je les ai lus pendant des années, religieusement, comme la Bible, pour essayer de découvrir comment on fait pour être une femme. (p. 34)
Elle aurait été incapable de dire pourquoi mais les idées de ses parents à propos de ce qu’elle devait faire lui donnaient la sensation qu’on l’étranglait, l’étouffait. (p. 37)
On demande à la femme de suivre son mari, peu importe les conditions dans lesquelles il choisit de vivre, comme si un homme pouvait à lui seul remplir une vie. (p. 57)
Qu’une femme ne puisse pas sortir et s’amuser à danser sans se soucier de ce que pensait (ou pire) chaque homme présent lui semblait une si grande injustice qu’elle n’arrivait pas à le digérer. (p. 68)
J’ai horreur des discussions sur le féminisme qui se terminent en disant qui fait la vaisselle, dit-elle. Moi aussi. Mais, à la fin, il y a toujours cette foutue vaisselle…(p. 102)






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